La lettre à mon fils
Tu viens d'avoir 16 mois et le monde dans lequel tu te prépares à entrer n'est pas des plus accueillants. Je pense qu'il est plutôt angoissant. Dois-je me sentir coupable de l'avoir ainsi laissé à la merci de gens avides d'argent et de pouvoir ? Peut-être. Mais je n'ai pas renoncé à sauver ce qui peut encore l'être. En tout cas, il faut se dépêcher. Sinon, l'humanité et sans doute la terre entière, ne seront bientôt qu'un souvenir du néant. Tout va très vite et les « maîtres de l'Occident » savent comment asservir en douceur des populations de plus en plus démunies économiquement, socialement et culturellement ; défaire le tissu social, isoler les individus, casser les solidarités. Ne voir rien en nous que des super producteurs-consommateurs dont toute la vie n'aura pour objectif que de remplir cette double mission.
Lorsque j'étais enfant, j'habitais dans un quartier dans lequel tout le monde se connaissait, où de véritables liens existaient, amicaux, solidaires. De nombreux lieux permettaient aux gens de se retrouver, d'être ensemble. Ce qu'une famille vivait, elle le partageait avec toute la rue. Aujourd'hui, rares sont les quartiers où « vivre ensemble » ait encore un sens. Car la mondialisation économique a édicté sa loi : toujours plus de profits : Des régions entières sinistrées...Ce fut le début de la « guerre économique ». Après les 30 glorieuses, la chute fut brutale. Et même les luttes locales et désespérées ne purent arrêter la machine infernale. Les coeurs des quartiers ne battaient plus.
Soilihi adili